Accumuler n’est pas construire – le syndrome de l’éternel étudiant

J’ai récemment échangé avec l’une de mes lectrices au sujet d’un thème abordé dans « Reprendre sa vie en main – Tout le monde peut se (re)construire », celui de la nécessité de mettre en place un fil conducteur dans notre vie, afin d’éviter de confondre construction et accumulation. Je prenais l’image de l’éternel étudiant qui accumule les connaissances et les diplômes, prend plaisir dans ce qu’il fait, mais sans chercher à construire un cursus logique pour échafauder sa carrière. « Quelle que soit la raison qui sous-tend ce comportement (souvent la peur de commettre une erreur associée à un perfectionnisme pathologique: on refuse de s’engager et on remet systématiquement nos décisions au lendemain afin de ne se fermer aucune porte), la conséquence est que l’on n’édifie rien. Tout comme accumuler des briques ne fait pas une maison, enfiler des journées satisfaisantes bout à bout ne construit pas une vie. » (« Reprendre sa vie en main »).

Cette lectrice me faisait remarquer très à propos que l’Histoire fourmille de professionnels qui se sont rendus célèbres par leurs capacité à exercer dans des champs disciplinaires très variés, sans pour autant que le refus d’engagement ou l’absence de projets à long terme les aient caractérisé. Léonard de Vinci en est un exemple emblématique, parmi beaucoup d’autres.

J’ai trouvé l’exemple de Léonard de Vinci particulièrement intéressant dans ce contexte. Le personnage est certes célèbre pour s’être fortement investi dans des activités très variées (peinture, sculpture, anatomie, ingénierie, architecture, botanique, et j’en passe,..), mais son intérêt pour l’ensemble de ces disciplines ne trouvait-il pas finalement sa source dans un même désir de créer à partir de ses observations de la nature ? Dresser un portrait extrêmement fidèle d’une personne ou bien construire une machine volante était peut-être un moyen pour lui d’assouvir une même passion, de s’engager dans un même projet de vie, celui d’être un véritable acteur de la création (plutôt que de lui être soumis), et de montrer à ses contemporains que lui-aussi pouvait « toucher le divin » ? Personne ne le sait, mais je trouve intéressant de rapprocher les centres d’intérêts si multiples de Léonard de Vinci avec la personnalité de l’homme qui était aussi célèbre pour son refus d’être soumis aux conventions. Finalement, derrière ces apparentes accumulations de centre d’intérêts divers se cachait peut-être une ligne directrice beaucoup plus profonde, une construction extrêmement cohérente. Et nul besoin d’être un génie pour identifier notre (nos) propre(s) fil(s) conducteur(s) qui guideront notre vie !

Preneur de vos commentaires pour enrichir le débat !

Publié par Alain Orsot

Découvrir nos moteurs et comprendre nos freins pour se construire. Auteur de "Reprendre sa vie en main", "En finir avec la crainte de changer", "Les trois clés des bâtisseurs"

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