La réussite: pourquoi ce n’est ni une affaire de chance ni (seulement) de travail…

J’ai découvert récemment un article qui retraçait les débuts de carrière du comédien américain Eddie Murphy. Ses rôles de bouffon qui l’on rendu célèbre pourraient laisser penser que l’homme partage avec son personnage la même philosophie de vie, légère et dilettante. L’article, rédigé par un comédien qui avait partagé avec lui ses premières prestations sur scène, évoque une conversation entre les deux hommes au sujet de leurs aspirations. « Mon rêve est de tracer ma route en tant que comédien, je veux vraiment réussir dans ce métier » se souvient d’avoir affirmé l’auteur. Mais ce sont surtout les propos d’Eddie Murphy qui sont restés gravés dans son esprit : « Et bien moi, je vais être à la comédie ce que les Beatles ont été à la musique ». Cette déclaration n’a pas été lâchée sur un ton présomptueux, mais avec une conviction calme et posée, comme si cela coulait de source. Pas j’aimerais être, mais je vais être. Une confiance pleine et entière qui ne laisse place à aucun doute. L’auteur, lui, confessait que son désir de construire une véritable carrière de comédien professionnel n’avait pas rencontré le même succès que le futur Flic de Beverly Hills, alors que telle avait pourtant été son ambition…

Quelles sont les raisons qui font que certains individus se fixent des objectifs, travaillent dur pour les atteindre, persévèrent mois après mois, année après année, sans voir leurs rêves se matérialiser, quand d’autres tracent leur route et donnent l’impression d’être nés sous une bonne étoile comme s’ils voyaient par avance ce qu’ils allaient devenir ? Pur hasard ? Pour un Eddie Murphy qui a connu le succès, combien d’autres disposant d’autant de confiance en eux sont demeurés de parfaits inconnus qui ne sont pas là pour témoigner ? Après tout, s’il suffisait d’affirmer avec certitude « Je serai astronaute » pour se retrouver en orbite autour de la Terre quelques années plus tard, le monde serait rempli de chanteurs célèbres, de footballeurs professionnels et de créateurs de start-ups à succès… Ou bien serait-ce un état d’esprit qui permet à chacun de ces individus d’être réellement créateur des circonstances, auteur de leur propre histoire au lieu d’en être seulement le personnage principal, transformant leur environnement et sachant plus ou moins consciemment reconnaitre les opportunités qui deviendront autant de briques dans la construction de leur existence ? Car à y regarder de plus près, les exemples sont légion : de Léonard de Vinci qui affirmait qu’il avait « l’intention de laisser un souvenir impérissable dans l’esprit des mortels » et qui rédigeait quotidiennement trois pages de notes, schémas et autres réflexions, à Charles de Gaulle qui prétendait à l’âge de quinze ans qu’il dirigerait un jour la France (là encore, pas un J’aimerais bien mais un Je vais qui ne concède aucune hésitation), ou encore – plus proche de nous et dans un tout autre registre – Marion Bartoli, vainqueur de Wimbledon en 1993, reconvertie par la suite dans la création de vêtements et qui confiait à un journaliste : « J’ai toujours eu le goût des arts. A huit ans, j’avais écrit une lettre à mes parents pour leur dire ce dont je rêvais le plus : Wimbledon, un Monopoly et des perles pour faire un bracelet » ; nul ne sait si elle a obtenu le Monopoly, mais les deux autres cases ont été cochées… Ces personnes semblent avoir été habitées par une confiance quasi-absolue qui les a accompagnées tout au long de leur parcours. Certes, elles ont très probablement été saisies par le doute à certains moments de leur vie, mais ces instants semblent être restés ponctuels, incapables d’entraver leur certitude de connaître un jour le succès. Et leur idéal a fini par prendre vie.

Quelle est donc cette assurance et sur quoi repose-t-elle ? Et surtout, est-elle transposable à n’importe quel individu ? Bien sûr, le mot foi vient à l’esprit, ce principe qui déplacerait les montagnes mais reste souvent difficile à saisir, sans parler d’une connotation religieuse qui peut engendrer toutes sortes de biais dans nos esprits, parfois négatifs selon notre éducation ou notre histoire en général. Or ce dont il est question ici n’est pas spécifiquement en lien avec le religieux, mais plus largement avec ce qui constitue le système de croyances propre à chacun d’entre nous, ce que l’on se dit à soi-même sur soi-même, sur la manière dont nous pensons notre avenir.

D’une manière générale donc, et sans la restreindre au domaine religieux, la foi peut se définir comme « la confiance basée sur une croyance en quelque chose ou en quelqu’un ». C’est l’équivalent du mot trust en anglais. Elle peut aussi évoquer « la confiance ferme en un dogme », ce que les Anglo-saxons traduisent par le mot faith. Le terme porte aussi la notion de « garantie », quelque chose qu’on ne peut remettre en question – le cachet de la poste faisant foi. Il s’agit dans tous les cas d’une confiance forte qui mène à une assurance, à un sentiment que la concrétisation de notre idéal est une évidence. Cette confiance ferme n’est pas nécessairement aveugle (même une évidence peut – et doit – pouvoir être questionnée pour en vérifier la solidité des fondements afin de rester une évidence). Savoir pourquoi l’on croit est fondamental pour entretenir cette assurance, au risque que la crise de foi devant les obstacles majeurs sape cette confiance.

On aurait ainsi tous la foi au quotidien, car qui n’a pas une confiance quasi-absolue en une idée, quelle qu’elle soit, au point de ne pas même imaginer remettre en question sa réalité ? Vous avez la foi quand vous démarrez une journée sans craindre que le ciel vous tombe sur la tête, ou avec la confiance que le soleil qui se couche ce soir se lèvera de nouveau demain matin. Vous avez une parfaite confiance que les lois de la physique ne changent pas d’un jour à l’autre et que si vous donnez un coup de pied dans un caillou, il ne restera pas immobile mais sera projeté au loin. Cette foi là n’a peut-être rien d’impressionnant et parait bien loin de ce principe qui déplacerait les montagnes, mais n’est-ce pas juste une question de niveau ? L’ingrédient principal est là, toute la question est de savoir comment en disposer en quantité suffisante pour passer d’un caillou déplacé de quelques mètres à ce qui apparaitrait au commun des mortels comme un authentique exploit, une montagne à bouger…

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Publié par Alain Orsot

Découvrir nos moteurs et comprendre nos freins pour se construire. Auteur de "Reprendre sa vie en main", "En finir avec la crainte de changer", "Les trois clés des bâtisseurs"

2 commentaires sur « La réussite: pourquoi ce n’est ni une affaire de chance ni (seulement) de travail… »

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