Diversité et opportunités : quand 1+1 donne un résultat surprenant…

Notre tendance naturelle est de nous entourer des personnes qui nous ressemblent. Autant les lois de la physique nous enseignent que les pôles contraires s’attirent, autant les relations humaines ont tendance à fonctionner exactement de manière inverse… Nous sommes spontanément attirés vers ceux qui « fonctionnent » comme nous et qui réagissent de manière identique dans des situations semblables. Nous réduisons ainsi le risque d’être incompris de l’autre ou déstabilisé par des réactions inattendues. Des centres d’intérêts communs permettent de passer du temps avec ces personnes sans s’interroger à chaque instant sur ce que l’on va bien pouvoir se dire. Nous partageons la même vision et regardons dans la même direction, mais personne n’est là pour nous indiquer qu’il peut exister d’autres manières de faire, d’autres directions vers lesquelles tourner nos regards. En bref, nous restons dans notre zone de confort en limitant au maximum la nécessité d’adapter nos modes de pensées et nous finissons par considérer comme des extra-terrestres ou des « gens à problèmes » ceux qui ne réagissent pas de la même manière que nous.

A l’inverse, fréquenter des personnes d’horizons différents nous aide à réaliser que la manière dont nous sommes « câblés » n’est pas universelle, que ce n’est pas parce que cette personne vit une situation semblable à la mienne qu’elle va nécessairement réagir de la manière que moi. Au lieu d’être gêné ou sur la défensive, je peux y voir une occasion d’apprendre et d’adapter ma propre manière d’agir en fonction des personnalités que je côtoie. J’améliore ainsi ma capacité à interagir avec tout type de personnes, plutôt que de limiter mon réseau relationnel à ceux qui pensent, réagissent et vivent comme moi. J’y gagne alors en ouverture d’esprit et en aptitude à considérer mon environnement sous des perspectives différentes, avec d’autres yeux que seulement les miens. Et à terme, ce regard plus large peut me permettre d’identifier de nouvelles opportunités et idées de projets.

Nous sommes tous influencés par ceux qui nous entourent. En bien ou en mal. Même celui qui prétend s’être fait tout seul et ne devoir qui il est qu’à lui-même, a construit sa personnalité en grande partie au fur et à mesure de ses rencontres. « Il faut tout un village pour élever un enfant » selon un proverbe africain. Pour Jim Rohn, spécialiste en développement personnel et en motivation, quelques influences majeures suffiraient même à construire qui nous sommes (« Nous sommes la moyenne des cinq personnes que nous fréquentons le plus »). La personnalité d’un individu est certainement beaucoup plus complexe que cela et ses influences beaucoup plus variées qu’une poignée d’individus, mais l’idée est bien qu’une grande partie de qui nous sommes est façonnée par la multitude de rencontres depuis que nous sommes venus au monde. Nos parents, nos professeurs (ceux que nous ne portions pas sur notre cœur pour des raisons variées, comme ceux que nous admirions et qui ont laissé une empreinte positive sur notre vie), nos amis d’enfance, nos collègues, nos managers, les parents des amis de nos enfants, et même nos propres enfants qui nous influencent parfois autant que nous cherchons à le faire envers eux en nous poussant à changer certains traits de notre caractère: toutes ces rencontres, effectuées à des moments parfois charnières de notre vie, ont contribué à nous faire devenir qui nous sommes. Certaines personnes nous ont impressionné par un ou plusieurs traits de leur personnalité et donné envie de leur ressembler. Nous avons peut être découvert notre métier par l’influence d’une personne qui nous a transmis sa vocation. La générosité d’un ami nous a peut être touché et amené à remettre en question certains aspects de notre propre comportement. À l’inverse, un professeur nous a peut-être dégouté à jamais d’une matière au point de ne toujours pas être capable « d’accrocher » plusieurs années après…

Le dessin animé « Azur et Asmar », réalisé en 2006 par Michel Encelot, met en scène deux personnages que tout devrait opposer : l’un élevé dans la culture européenne du Moyen-Age, l’autre dans la culture orientale. Les deux héros sont pourtant animés du même projet de vie : trouver, délivrer et épouser la mystérieuse fée des djinns prisonnière de son palais. Ils ne pourront y parvenir qu’au fur et à mesure de leurs rencontres, chacune d’entre elles leur apportant les conseils et moyens nécessaires pour franchir les différentes étapes de leur périple. Au final, c’est en coopérant que chacun d’entre eux trouvera la voie qui lui convient. Ces deux individus parviennent à surmonter les préjugés et la méfiance qui dominent entre leurs deux cultures et font le choix de cohabiter, chacun faisant le choix d’interagir avec un autre qui ne lui ressemble pas. Une belle allégorie sur le besoin de s’appuyer sur d’autres personnes pour construire son avenir.

Un coup d’œil du côté du « monde réel » pour voir que l’Histoire est pleine d’exemples de ces relations improbables entre deux personnes que tout oppose et qui, prenant conscience de leur complémentarité, s’associent pour construire ensemble ce qu’aucun d’eux n’aurait pu réaliser seul. Ainsi, Steve Jobs, le légendaire et visionnaire fondateur d’Apple, est souvent considéré comme le seul créateur du premier ordinateur personnel. Doté d’un sens des affaires particulièrement aiguë et d’une propension hors norme à valoriser une création, Steve Jobs était bien plus célèbre pour son charisme et sa capacité à transmettre sa passion que pour ses réels talents d’inventeur. Sa rencontre avec Steve Wozniak, dont la personnalité était aux antipodes de celle de Jobs, allait être à l’origine du phénomène Apple. Bricoleur de génie, passionné de technologie depuis son enfance, Wozniak était l’archétype de l’inventeur solitaire, mal à l’aise en société et préférant passer son temps seul à souder des composants électroniques dans son garage qu’en compagnie de ses semblables. De leur rencontre à l’université allait naître une amitié mêlée d’admiration mutuelle, chacun impressionnant l’autre par les qualités qui lui faisait défaut. Quand Wozniak a présenté à Jobs le prototype d’un calculateur peu coûteux de la taille d’une petite valise, mais qui souffrait encore de lacunes pour le rendre réellement accessible au grand public, il fallait la vision de Jobs pour pousser Wozniak à transformer un prototype de laboratoire en un véritable produit commercial qui allait devenir le premier ordinateur Apple. Wozniak seul aurait probablement conçu un produit prometteur mais qui serait resté une idée géniale oubliée au fond d’un garage, sans que quiconque puisse la commercialiser ni en faire la promotion. Jobs seul, de son côté, n’aurait pas relevé l’ensemble des défis techniques pour concevoir et améliorer un tel produit. Les deux personnages auraient pu s’ignorer, chacun considérant l’autre comme trop différent pour mériter son attention.

Le fait d’imiter un trait de caractère digne d’intérêt chez une autre personne est parfois perçu comme une marque de faiblesse et un manque de personnalité. « Rester soi-même » signifierait se passer des influences d’autrui pour veiller sur notre propre personnalité comme une citadelle à protéger des influences extérieures. Au-delà du fait que l’on ne vive pas sur île déserte et que, comme on l’a vu, côtoyer d’autres personnes implique nécessairement une influence, consciente ou non, sur qui nous sommes, il serait dommage de se passer des apports positifs des individus qui nous entourent. Puisque l’on ne peut pas éviter les influences des autres, pourquoi ne pas rechercher activement celles qui vont révéler en nous cette part d’inconnu que la confrontation avec la différence peut faire surgir ?

Publié par Alain Orsot

Découvrir nos moteurs et comprendre nos freins pour se construire. Auteur de "Reprendre sa vie en main", "En finir avec la crainte de changer", "Les trois clés des bâtisseurs"

2 commentaires sur « Diversité et opportunités : quand 1+1 donne un résultat surprenant… »

  1. Aussi n’en n’en avons-nous jamais terminé avec nous même…. Une des raisons est bien simple à comprendre, : une fois que nous croyons savoir qui nous sommes, nous ne sommes déjà plus le (la) même : une élément nouveau a surgit qui va instantanément nous influencer…. Ainsi le fameux « connais-toi toi même » de Socrate est-il seulement un encouragement à se questionner, mais ne permet pas de réponse définitive !

    Nos croyances et nos convictions vont et viennent au gré de nos rencontres, de nos lectures, de nos expériences, et c’est sans doute ainsi que nous sommes « vivants » ?

    Aimé par 1 personne

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