Reprendre sa vie en main – Tout le monde peut se (re)construire

En 1862, Victor Hugo publie « Les Misérables », son roman phare dans lequel il donne vie à toute une série de personnages, certains purement imaginaires, d’autres inspirés de faits réels. Parmi eux, la célèbre figure de Jean Valjean qui rythme l’histoire du début à la fin. On fait la connaissance d’un individu démuni, banni de la société, rempli d’amertume et de méfiance, replié sur lui-même et sans aucun espoir pour son avenir. On retrouve à la fin du roman un homme respecté, comblé matériellement, tourné vers les autres et en paix avec lui-même. Si l’auteur ne détaille pas l’ensemble des étapes qui ont conduit Jean Valjean à connaitre une telle transformation, on sait qu’elle a été en grande partie initiée par sa rencontre avec un autre personnage, l’évêque Myriel, qui a bouleversé ses certitudes et l’a amené à reconsidérer entièrement sa manière de voir le monde et de se voir lui-même. C’est l’histoire d’une construction que décrit Victor Hugo, celle d’un homme. Construction alimentée par le désir ardent de ne pas rester cet être inachevé, cette « glaise non-modelée » qui aligne les journées les unes à la suite des autres sans perspectives, et par l’ambition de vivre jour après jour une existence réellement digne d’être vécue.

J’ai eu l’occasion de participer il y a quelques années à un séminaire de management sur le thème du « sens à donner à ses équipes ». Vaste sujet… Puisqu’il est difficile de communiquer du sens aux autres lorsqu’il n’est déjà pas clair pour soi-même, chaque participant était invité à s’interroger sur sa propre situation en choisissant, parmi des dizaines de cartes postales éparpillées sur une table, celle qui représentait le mieux sa personnalité. Pour l’un, c’était la photographie d’un monument antique pour signifier son attachement à des projets de vie solides et durables. Pour un autre, un pont symbole des relations à bâtir et à entretenir avec ses semblables. Ou encore un coucher de soleil pour rappeler l’aspiration d’un participant à développer un caractère paisible qui ne s’abandonne pas aux inquiétudes et au stress. Un autre avait choisi une photo des gratte-ciels de New-York comme meilleure représentation de son ambition à mener une existence dynamique dans laquelle aucune journée ne ressemblerait à la précédente. Chacune de ces cartes postales étaient sensées résumer en un cliché les aspirations profondes de ces individus, ce qui réside au cœur de chacun d’entre eux. L’exercice peut sembler réducteur et en tout cas n’est clairement pas simple, mais il a le mérite d’obliger chacun à s’interroger sur le fondement de sa personnalité : qu’est ce qui me caractérise le plus , qui définit qui je suis et ce que je veux faire de ma vie ?

En observant les cartes postales retenues par les participants à ce séminaire et en les écoutant justifier leur choix, un élément commun s’imposait : le désir profond de construire. Construire des relations, une vie de famille, une carrière, une personnalité dont on serait fier. Construire progressivement mais durablement. Beaucoup considéraient au premier abord leur quotidien comme relativement banal et aucun d’entre eux ne se voyait en « bâtisseur ». Mais en développant ce que représentait « leur » carte postale, c’est une autre aspiration que l’on entendait. Aucun n’avait heureusement la vie misérable de Jean Valjean, mais tous, à leur échelle et avec plus ou moins d’intensité, partageaient avec lui le désir de construire et de se construire. « A force de construire, je crois bien que je me suis construit moi-même » fait dire Paul Valéry à l’un de ses personnages, l’architecte Eupalinos.

Ce livre s’adresse autant aux personnes « qui ont du mal à aimer leur vie » qu’à celles qui apprécient leur quotidien, ont une vie active et remplie mais ont parfois le sentiment d’être toujours à la même place année après année. Ces deux types de personnes partagent au moins un élément en commun, celui de ne pas être pleinement satisfaites de leur situation, un prérequis indispensable pour désirer le changement et exiger davantage de sa propre vie. Et surtout, je me suis adressé aux personnes qui, face au défi du changement dans leur vie, face à l’appel de leur voix intérieure qui les pousse à explorer de nouvelles opportunités, répondent « Pourquoi pas ? » plutôt que « Ce n’est pas pour moi », « Je ne l’ai jamais fait », ou « Pas à mon âge ». Mais si ce livre peut aussi donner l’envie à ces dernières de résister à l’autocensure et de reconnaître que le besoin de construire réside en profondeur dans chaque être humain, alors il aura été un franc succès.

Publié par Alain Orsot

Découvrir nos moteurs et comprendre nos freins pour se construire. Auteur de "Reprendre sa vie en main", "En finir avec la crainte de changer", "Les trois clés des bâtisseurs"

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