En finir avec la crainte de changer

Dans l’ensemble du monde vivant, l’Homme possède une caractéristique qui le distingue clairement des autres êtres : sa capacité d’adaptation. Certes l’être humain est une créature récente en comparaison d’autres espèces et rien ne dit qu’il aura la même longévité que le cœlacanthe qui vivait déjà dans les fonds marins voilà quatre cents millions d’années. Mais aucune autre créature n’est passée du stade de proie-prédateur dans les mers ou dans la steppe à celui d’individu capable de maîtriser les éléments. Aucun être vivant n’a autant évolué intellectuellement que l’être humain. Pourtant rien ne suscite autant de dualité que le changement. Rien que le terme évoque à la fois l’espoir et la crainte. Espoir d’un lendemain meilleur, différent d’un quotidien insatisfaisant (c’est l’histoire de Cendrillon, ou encore le rêve caressé par quinze millions de Français qui jouent au loto au moins une fois dans l’année, dont quatre millions chaque semaine), mais aussi crainte à l’idée de voir disparaître un environnement connu et remplacé par une nouvelle situation qui pourrait ne pas être en ligne avec ses promesses. Pour ces raisons, beaucoup l’espèrent, le rêvent, mais sans jamais le concrétiser. D’autres au contraire, attirés par l’esprit d’aventure, se jettent à pieds joints dans l’inconnu avec plus ou moins de succès…

Le changement peut-être craint ou recherché, il n’en constitue pas moins une composante incontournable de notre existence. Dans « Reprendre sa vie en main – Tout le monde peut se (re)construire », j’ai tenté de montrer que l’homme ne pouvait trouver un véritable sens à son existence sans construire, sans ériger les édifices qui deviendront le miroir de sa personnalité. Ce besoin intime de construire présuppose un élément indispensable : celui d’être à l’aise avec la notion de changement. Car sans acceptation, et même sans recherche active de changement, toute tentative de construction s’achève prématurément et vient s’ajouter à la liste des bonnes résolutions avortées. Charles Darwin ne disait finalement rien d’autre lorsqu’il affirmait « Ce n’est pas la plus forte ni la plus intelligente des espèces qui survivra, mais celle qui est la plus apte à changer ». Remplacez « espèces » par « individus et « survivre » par « réussir » et vous obtenez une promesse formidable, celle que la réussite de chacun ne dépend que de sa capacité à accueillir et rechercher le changement dans sa vie.

Et s’il n’y a pas de construction sans changement, il n’y a pas de changement positif et durable sans construction : du changement compulsif – je ne me satisfais jamais de ce que j’ai, il me faut toujours du nouveau, de la paire de chaussures au partenaire  – au changement hasardeux – sans pilote –, les exemples de changements destructeurs sont légion, au point que c’est la notion même de changement qui fait peur, associée à l’incertitude, à la perte de nos repères, voire de notre personnalité. Ainsi, ce changement vital, positif, plein de promesses et porteur de sens, devient-il un véritable handicap, un processus effrayant devant lequel l’individu fuit.

C’est pour réconcilier le lecteur avec le changement, et l’aider à développer avec lui une relation apaisée et constructive, que ce livre est écrit. Si « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité, et ne voient la nécessité que dans la crise » selon les mots de Jean Monnet, le but de ce livre est de donner goût au changement afin qu’il soit choisi librement et non imposé par les circonstances, sans pour autant encourager l’individu à devenir « accro à changer pour changer ». C’est pour que le changement soit recherché avec passion, avec force, comme un élan vital qui permet à chacun de se réaliser et de donner corps aux aspirations qui lui sont chères. « Tout en nous est changement » écrivait Epictète, « non pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n’est pas encore ». Qui vous serez demain reste à écrire ; allez-vous recopier les mêmes pages encore et encore, ou rédiger un nouveau texte que vous seul inventerez ?


Publié par Alain Orsot

Découvrir nos moteurs et comprendre nos freins pour se construire. Auteur de "Reprendre sa vie en main", "En finir avec la crainte de changer", "Les trois clés des bâtisseurs"

Un avis sur « En finir avec la crainte de changer »

Répondre à filipamoreiradacruz Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :